La saga Ricardo

La saga Ricardo

La saga RICARDO
Image: Journal de Montréal

Dernièrement, le Journal de Montréal écrivait un article «Ricardo à de l’appétit pour les millions de l’État». Un titre accrocheur comme seul Le Journal de Montréal sait en faire. L’article indique que l’entreprise de Ricardo a engagé une lobbyiste pour approcher le gouvernement du Québec et espérer recevoir un prêt de 2 millions de dollars pour une nouvelle plateforme web et application. Il mentionne également que la perte de vitesse de son entreprise est à cause du GAFA (Google, Amazon, Facebook et Apple).

Ça n’en a pas pris plus que ça pour que le web s’enflamme. Il faut dire que l’excellent article de l’experte en marketing web Josianne Brousseau a su attiser la flamme et colère de plusieurs. Mais selon moi, il y a deux aspects à que l’on peut maintenant appeler la saga Ricardo.

LE GAFA

Je partage l’opinion de Josianne en disant qu’il est un peu trop facile de blâmer les géants du web pour des pertes dans son entreprise. C’est vrai que ceux-ci prennent une grande part du marché du marketing web, mais il faut savoir utiliser leurs forces d’action à son avantage. Avec une campagne web bien ficelée, l’équipe de Ricardo aurait pu utiliser leurs plateformes pour mousser ses ventes. Il est vrai que les changements à l’algorithme de Facebook ont fait beaucoup de mal aux entreprises qui s’y affichaient, mais en fait Facebook souhaite juste que ces entreprises achètent plus de publicité. Gratte-moi le dos et je te gratterais le tien.

POURQUOI DEMANDER UN PRÊT DE  2 MILLIONS?

Mais le point qui a fait sursauté plusieurs est la demande des 2M. Ce que certains ont cependant oubliés, c’est que ce sera un prêt. Qui dit prêt, dit devoir rembourser en court de route et aussi le prêt vient également avec des intérêts, donc des revenus pour l’état. De plus, on pointe du doigt que le montant est exagéré pour ses besoins. Sauf que personne ne connait ses besoins. Je ne pense pas que Ricardo ferait une demande d’un si gros montant juste pour un site internet.

Il parle d’un site, mais également d’une application. Or, concevoir une application d’envergure coûte une centaine de milliers de dollars et même plus. Par ailleurs, si Ricardo compte engager des employés pour ses besoins, les dépenses peuvent bondir rapidement. Calculez 4 personnes à un salaire avoisinant 50k par année sur une perspective de 3 ans (qui est un bon objectif pour voir si un projet fonctionne ou non) et on est déjà rendu à plus de 600 000$. Cela sans compter l’investissement qu’il devra faire en pub (ça pourrait facilement aller à plus de 100 000$ pour trois ans), les serveurs à payer (si son application et son site internet sont d’une grande envergure, la mensualité peut rapidement grimper), ajoutez à cela un fonds de roulement décent, le 2M (toujours dans une perspective de 3 ans) est très vite épuisé.

Chaque jour, Investissement Québec reçoit des demandes de prêt pour des petits projets et des grands projets. Et c’est tout à fait normal qu’une entreprise en démarrage ou en développement et croissance, cogne à leur porte pour avoir de l’aide. De plus, c’est le mandat d’investissement Québec.

ET SI…

Suite aux discussions avec le Gouvernement du Québec, si le prêt n’est pas accordé (car rien n’indique qu’il aura ses 2M), qu’arrivera-t-il à Ricardo? S’il ferme ses portes, ce sera des emplois de perdu et une grande entreprise qui s’éteint (car oui, qu’on le veuille ou non, Ricardo est un empire) et si jamais il déménage le tout en Ontario on dira que l’on a perdu une autre grande entreprise au détriment de nos voisins.

Je ne connais pas le taux d’un prêt pour Investissement Québec, mais s’il rembourse les 2 millions (Ricardo est tout de même un homme d’affaires aguerri), ce sera sûrement quelques centaines de milliers de dollars en profit qui seront générés pour pouvoir par la suite être investis dans des plus petites entreprises.

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